Après 9 mois de drôle de guerre, l’attaque allemande le 10 mai 1940 bouscule en quelques jours les armées néerlandaises, belges, françaises et britanniques. Malgré la rapide percée de la Wehrmacht, l’espoir demeure. L’arrivée au pouvoir du Maréchal Pétain, vice-président du Conseil, est de nature à redonner confiance. « Chacun comprend que la situation est grave, mais non désespérée » commente le Préfet des Côtes-du-Nord le 29 mai 1940.
Pourtant des millions de personnes se pressent déjà sur les routes de l’Exode. Une seconde vague de réfugiés déferle en effet sur la Bretagne : peut-être 1,2 million à la mi-juin dont 300 000 dans les Côtes-du-Nord. Un mois plus tard, ils sont encore 112 000 sur 751 000 dans la région. Les premiers arrivants ont été « accueillis avec sympathie » selon le préfet, et leur hébergement « s’est effectué dans des conditions satisfaisantes ».
Après l’armistice, les 9/10e de ces réfugiés regagnent leur domicile mais il en reste près de 12 000 non rapatriables en novembre 1940 (originaires notamment de la zone interdite du Nord-Pas-de-Calais ou de la région annexée d’Alsace-Lorraine).
Dans le même temps, la situation militaire est devenue catastrophique (prise de Paris) et le gouvernement a dû se replier sur Bordeaux où le maréchal Pétain, partisan de l’armistice, a succédé à Paul Reynaud. Le 14 juin, à l’initiative de ce dernier, le général de Gaulle (sous-secrétaire d’Etat à la guerre) a gagné la Bretagne par des routes encombrées et bombardées pour s’embarquer à Brest pour l’Angleterre à bord d’un contre-torpilleur. Le 16, il est accueilli à Londres par Jean Monnet et son adjoint, le breton René Pleven, le futur bras droit de De Gaulle dans la France libre.