Mémoire Résistance et Déportation dans les Côtes-du-Nord

Serge Grivillers parmi 55 victimes

La fin de la Seconde Guerre mondiale est fêtée le 8 mai. A la Butte Rouge sur L’Hermitage-Lorge, on se souvient que 55 résistants avaient été tués. Dont Serge Grivillers.

Dimanche 8 mai, 9 h 15, anciens combattants, porte-drapeaux, élus et habitants se retrouveront à la Butte Rouge, sur la commune de L’Hermitage-Lorge, pour se souvenir des 55 victimes de la barbarie nazie tombées pour avoir su dire non à l’occupant et au régime de Vichy. Parmi ces héros morts pour la France, Serge Grivillers.

Serge Grivillers est né le 16 août 1909 dans une petite localité du Nord, Bruay-sur-Escault. Il est déjà victime de la barbarie teutonne qui lui enlève sa mère et le rend ainsi orphelin. Son père décédé, il devient pupille de la nation. Il est confié à son frère qui lui enseigne le métier de tourneur. Marié avant la Seconde guerre, il est mobilisé et affecté spécial dans une usine de la Ruhr occupée. Dès l’arrivée des Allemands, il rejoint Paris et participe tout de suite à l’union des forces résistantes de la population.

Il est repéré par la police et traqué par la Gestapo. Il doit tout quitter, son foyer, son travail, et fuir. Il emprunte une fausse identité et gagne un maquis.

Un charnier

Parti le 22 juillet 1944 dans la région de Saint-Malo, il ne reviendra pas. Cependant, il trompe la vigilance de ses bourreaux et parvient à laisser tomber du camion une lettre où il situe son passage à Plessala. De là, il est emmené à Uzel. On connaît la suite. La torture par la milice française et la montée par le petit chemin qui part de la route de Saint-Brieuc à Loudéac, la célèbre route Manche/Océan. Après le village des Forges, un dépôt de munition près de la voie ferrée et le trop célèbre champ des martyrs où les Allemands vont pendre leurs victimes ou les exécuter d’une balle dans la nuque. Dans une dernière lâcheté, les bourreaux vont couvrir le visage de leurs victimes d’une pierre comme si l’on voulait à jamais taire la voie de la liberté.

L’horreur des charniers se découvre en octobre et le 7 novembre Bertrand Collery, un camarade de cette résistance intérieure, reconnaît son ami Serge Grivillers dans une de ces horribles fosses de ce charnier barbare.

Une association

Chaque année, chaque 8 mai, les associations patriotiques du sud du pays de Saint-Brieuc et les élus se rassemblent pour rendre devoir de mémoire envers les 55 victimes de la barbarie nazie dans ce site où la terre a recueilli le sang des martyrs, à la Butte Rouge dans cette forêt de Rozan-aux-Forges en L’Hermitage-Lorge. Tous les cinq ans, au mois de juillet, une cérémonie d’importance rassemble le monde combattant et les autorités civiles et religieuses pour rendre hommage à ces jeunes patriotes que l’on a réduit au silence en 1944 dans ces sous-bois. Grâce au dévouement des bénévoles de l’association pour la sauvegarde et l’entretien du site de la Butte Rouge, les tombes de ces martyrs sont toujours préservées et l’endroit entretenu. Le président Eugène Voyer, la secrétaire Catherine Le Chêne et l’équipe de bénévoles déploient une énergie débordante pour que perdure le devoir de mémoire.

Source : Article de l’hebdomadaire Le Penthièvre, 5 mai 2011.

 

Commenter cet article
Documents joints à cet article :
Messages de forum :
Serge Grivillers parmi 55 victimes
lundi 11 novembre 2013
par  GRIVILLERS SERGE
C’EST AVEC ÉMOTIONS QUE J’AI LU LES SOUVENIRS DE LA RÉSISTANCE ET UNE PARTIE DE LA VIE DE MON PÈRE SERGE JEAN GRIVILLERS NÉ LE 27/05/1934 11 RUE JEAN PAUL SOUTUMIER 95300 PONTOISE

PRISON UZEL PAR LE GUYARDER

Répondre à ce message Fil de discussion