Mémoire Résistance et Déportation dans les Côtes-du-Nord

PNB dans le département

A son apogée en 1942-1943, le PNB aurait compté à l’échelle de la Bretagne 1 200 à 1 500 membres dont à peu près 300 militants actifs. En tout cas, les nationalistes bretons ont été beaucoup moins nombreux que les effectifs avancés par leur journal de propagande, L’Heure Bretonne, ou même les services de Renseignements Généraux de Vichy. Ceci étant, dans le paysage des partis collaborationnistes, le PNB, hostile aux partis « français » forme le mouvement le plus important.

Dans les Côtes-du-Nord, le PNB, avec 150 militants actifs et autant d’adhérents, semble relativement bien implanté par rapport aux autres départements bretons. Cependant, son impact est resté somme toute limité pour un département à moitié bretonnant. Dirigé par le chef départemental Jacques de Quélen, le PNB des Côtes-du-Nord ne compte que deux permanences à Saint-Brieuc et à Dinan auxquelles s’ajoutent de nombreuses sections mais qui se résument en réalité à quelques noyaux de militants actifs, notamment dans le Trégor.

L’activité principale des militants consiste à la diffusion du journal L’Heure Bretonne en partie financé par les Allemands et diffusé à la criée et par abonnement. Jacques Falézan de Bulat-Pestivien fait partie des propagandistes les plus actifs. Inscriptions à la peinture sur les murs et distribution de tracts font également partie des moyens d’action des militants. Mais la propagande du PNB, qui dénonce les fonctionnaires de Vichy, les anti-Français, les difficultés de ravitaillement et bientôt les raids des Alliés, ne touche guère la population ; les diffuseurs sont même souvent pris à partie.

Non seulement les militants du PNB sont de plus en plus surveillés par la police de Vichy sur ordre d’un préfet très hostile, mais le rejet de la population est de plus en plus clair : ainsi, en avril 1942, voulant défiler en ville, les jeunes miliciens des Bagadoù Stourm se bagarrent avec la police municipale de Saint-Brieuc, sous les applaudissements de la foule.

Certes, le PNB en se durcissant en 1943-1944, est le seul parmi les partis collaborationnistes à maintenir un réel dynamisme, poursuivant son recrutement et ses conférences malgré les menaces de la Résistance et les exécutions de ses militants les plus connus. La plupart des chefs arrivent cependant à prendre la fuite après le débarquement.

 
Sommaire

vendredi 20 février 2009 par LE GUYADER Eric
Les effectifs du PNB dans les Côtes-du-Nord
Kristian Hamon, Les Nationalistes bretons sous l’Occupation, Ed. An Here, 2001, p. 101-105. lire la suite de l'article

vendredi 20 février 2009 par LE GUYADER Eric
Parcours d’un activiste du PNB : Jean Falézan de Bulat-Pestivien
Kristian Hamon, Les Nationalistes bretons sous l’Occupation, Ed. An Here, 2001, p. 139-141 et 191. lire la suite de l'article

mardi 30 décembre 2008 par RIVOALEN Amélie
Incidents au congrès des membres du PNB de l’arrondissement de Saint-Brieuc (avril 1942)
ADCA, 1043 W 22, Article du journal La Dépêche de Brest et La Bretagne, 13 avril 1942 lire la suite de l'article

vendredi 20 février 2009 par LE GUYADER Eric
Le châtiment d’un autonomiste breton en mai 1944 : Paul Gaïc de Plessala
Kristian Hamon, Les Nationalistes bretons sous l’Occupation, Ed. An Here, 2001, p. 139 et 190-191. lire la suite de l'article