Mémoire Résistance et Déportation dans les Côtes-du-Nord

Répression contre le PCF (septembre 1939-mai 1940)

La direction du PCF, tout en approuvant le Pacte Staline-Hitler, soutient d’abord des positions antifascistes et la politique de Défense nationale du gouvernement. Mais vers la mi-septembre, la direction communiste change de ligne politique pour développer une ligne pacifiste. Le gouvernement Daladier qui a déjà suspendu la presse communiste dissout alors le PCF le 26 septembre 1939 et engage la répression.

Dans les Côtes-du-Nord, celle-ci reste cependant limitée pendant la « drôle de guerre » et touche un parti déjà affaibli par la mobilisation de ses militants et la mort de son secrétaire politique Flouriot (4 septembre 1939). Parmi les quelques dizaines de militants communistes encore actifs au sein du département, les plus connus sont placés sous surveillance policière. Dix à vingt perquisitions ont lieu (ouvriers, cheminots, dockers à Saint-Brieuc, responsables de cellules) ou chez les parents de soldats ayant tenu des « propos défaitistes ». Le 28 septembre, le siège du parti interdit est perquisitionné « sans incident » à la Maison du Peuple à Saint-Brieuc où des tracts sont saisis. Les militants communistes se font de plus en plus discrets et préfèrent se faire oublier. De fait, toute activité communiste organisée a disparu à la fin 1939 dans les Côtes-du-Nord.

A cela s’ajoute la déchéance de 6 conseillers municipaux communistes en février 1940. Le seul maire communiste, celui de Plounévez-Moëdec, mobilisé, sera révoqué par Vichy. Alors que la xénophobie – on réclame le renvoi des réfugiés espagnols, environ un millier – et l’anticommunisme sont fort répandus, la répression gouvernementale a eu raison d’un PCF qui semble avoir disparu en mai 1940. Une nouvelle génération, plus jeune, va émerger dans la Résistance.

A l’extrême droite, les rares militants du Parti National Breton (PNB) sont aussi étroitement surveillés du fait du départ de leurs chefs en Allemagne (Olivier Mordrel et F. Debauvais, poursuivis en justice). Les autres forces politiques n’ont plus aucune activité quand l’armée allemande se rue vers l’ouest et le sud de la France à la mi-juin 1940.

 
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